checklist, planche versée au Cahier le 3 septembre 2026
Six familles de points se vérifient dans ces vingt minutes, et toujours dans le même ordre : la lumière et le cadre, le visage et les cheveux, les lunettes et le regard, la tenue près du visage, le son et la connexion, enfin les documents posés hors champ. On commence par ce qui demande de se lever, on termine par ce qui se règle assise.
La règle qui tient toute la liste : à ce stade, vous vérifiez, vous ne transformez rien. Aucune coiffure ne se refait, aucune tenue ne se remplace, aucun réglage de caméra ne s’explore. Chaque point ci dessous a une correction qui prend moins d’une minute, sinon il n’a rien à faire dans ce quart d’heure.
| Minutes restantes | Ce que vous contrôlez | Position |
|---|---|---|
| Vingt à quinze | Lumière, orientation, arrière plan | Debout, vous déplacez |
| Quinze à dix | Teint, bouche, cheveux | Devant un miroir |
| Dix à sept | Verres, reflets, hauteur d’objectif | Assise, à votre place |
| Sept à quatre | Encolure, col, bijoux | Assise, bras posés |
| Quatre à une | Micro, notifications, documents | Assise, mains sur le clavier |
Vingt à quinze minutes, la lumière et le cadre
C’est le seul moment où vous avez encore le droit de déplacer un meuble. Passé quinze minutes, le cadre est ce qu’il est.
Source de lumière face au visage, plafonnier éteint
Tournez le poste de travail pour avoir la fenêtre ou la lampe devant vous, jamais derrière ni au dessus. Une source dans le dos transforme le visage en silhouette sombre, et aucune correction logicielle ne rattrape complètement un contre jour.
Éteignez le plafonnier. Une lumière zénithale creuse les orbites et marque le sillon des joues, ce qui se lit à l’écran comme de la fatigue. Vérifiez aussi que vous n’avez qu’une seule température de lumière : une lampe chaude d’un côté et un jour froid de l’autre donnent un teint irrégulier, vert d’un côté, orangé de l’autre.
Arrière plan tenu, mur clair et profondeur courte
Regardez ce que la caméra voit derrière vous, pas ce que vous croyez avoir derrière vous. Un mur clair à moins d’un mètre cinquante suffit. Fermez la porte qui ouvre sur une autre pièce, retirez le linge sur le dossier de chaise, décrochez l’affiche qui accroche l’oeil.
Évitez le fond flouté logiciel si vous avez les cheveux courts, bouclés ou volumineux : le découpage mange les mèches à chaque mouvement de tête et attire toute l’attention sur le contour de votre crâne.
Quinze à dix minutes, le visage et les cheveux
Cinq minutes devant un miroir, avec la lumière que vous venez d’installer, jamais avec celle de la salle d’eau.
Matifier le front, le nez et le menton
Ces trois zones renvoient la lumière de face et créent des taches brillantes qui sautent aux yeux en gros plan. Un papier absorbant tamponné, sans frotter, suffit dans la plupart des cas. Si vous ajoutez de la poudre, une couche très fine sur ces trois zones seulement, jamais sur les joues.
Gardez un seul point d’appui, le regard ou la bouche. Les deux ensemble alourdissent le visage en cadrage buste. Contrôlez enfin les dents et les commissures après le dernier café, un geste que personne ne pense à faire et qui reste visible tout l’entretien.
Remettre la coupe en forme sans la refaire
Une mèche qui coupe le sourcil masque la moitié de vos expressions. Repoussez la, épinglez la si nécessaire, mais ne changez pas de raie : une raie déplacée dix minutes avant se reforme d’elle même pendant l’entretien.
Vérifiez l’arrière du crâne avec un second miroir ou avec l’appareil photo du téléphone. Un épi aplati par le dossier de fauteuil se voit dès que vous vous penchez vers l’écran. Aucun fer, aucun brushing, aucune coloration à ce stade.
Dix à sept minutes, les lunettes et le regard
Vous êtes maintenant assise à votre place définitive. Tout ce qui suit se contrôle sur l’image de votre propre caméra.
Nettoyer les verres, contrôler les reflets
Nettoyez les verres au chiffon en microfibre : une trace de doigt disparaît à l’oeil nu et ressort en pleine lumière face à un écran. Regardez ensuite votre vignette : si la source de lumière se reflète en pastille blanche sur un verre, elle masque votre oeil pendant tout l’échange.
Deux corrections tiennent en dix secondes. Abaissez très légèrement les branches sur les oreilles, ce qui incline le verre vers le bas et renvoie le reflet ailleurs. Ou tournez la tête de quelques degrés, en gardant les épaules face à la caméra.
Hauteur d’objectif et point de regard
La caméra doit être alignée sur vos yeux. Posée plus bas, elle filme sous le menton et déforme le bas du visage. Surélevez l’ordinateur avec des livres jusqu’à ce que le bord haut de l’écran arrive au niveau du sommet de votre crâne.
Le cadrage attendu est le même que celui d’une photo de candidature : sommet du crâne à quelques centimètres du bord haut, coupe à mi buste. Prenez l’habitude de regarder l’objectif, et non votre propre vignette, au moment des phrases qui comptent. Ce détail explique une grande partie de ce qui a changé dans la façon dont on juge votre image en recrutement.
Sept à quatre minutes, la tenue près du visage
Seule la zone visible compte. Le reste de la tenue n’entre jamais dans le cadre et ne mérite aucune minute.
Encolure, col, bijoux et bretelles
Contrôlez quatre points : le col qui bâille d’un côté, l’encolure qui plonge davantage assise que debout, une bretelle qui glisse hors de l’encolure, la veste qui remonte sur une épaule quand vous posez les avant bras.
Retirez tout bijou qui bouge. Un pendentif long tape contre la table, un bracelet cliquette sur le clavier, et le micro amplifie ces bruits bien plus que votre voix. Une paire de boucles fixes et une montre suffisent.
Le test assise, jamais debout
Faites toutes ces vérifications dans la position exacte de l’entretien : assise, dos calé, avant bras posés, mains à hauteur du clavier. Un miroir en pied debout ne montre rien de ce que la caméra va cadrer.
Penchez vous légèrement en avant, comme vous le ferez quand une question vous intéressera. C’est ce mouvement, et lui seul, qui révèle un col ouvert ou une encolure trop souple. La préparation en sept jours d’une candidate revenant d’un congé de proche aidant montre comment cette capsule se constitue en amont.
Quatre à une minute, le son, la connexion et les documents
Les quatre dernières minutes ne concernent plus votre image mais tout ce qui peut l’interrompre.
Micro, notifications et interruptions
Testez le micro et, si vous utilisez un casque, vérifiez qu’il est bien sélectionné dans les réglages de l’outil et non seulement branché. Fermez les applications qui déclenchent des sons, mettez le téléphone en silence, écran retourné.
Prévenez les personnes présentes au domicile de l’heure et de la durée. Un mot posé sur la porte évite l’interruption qui vous fait perdre le fil au milieu d’une réponse. Si l’échange doit être enregistré, vous pouvez demander par écrit ce qui l’est et ce qu’il en sera fait : l’article L. 1221-8 du code du travail impose d’informer préalablement la candidate des méthodes et techniques de recrutement utilisées, et l’article L. 1221-9 interdit de recueillir une information la concernant à son insu. Les règles applicables aux données personnelles des candidats relèvent de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.
Ce que vous posez hors champ
Un verre d’eau à droite, hors cadre mais à portée de main. Un exemplaire imprimé de votre dossier de candidature et de l’offre. Vos notes en gros caractères, quatre repères maximum, posées à côté de l’écran et non dessous, pour que le regard ne descende pas.
Ajoutez un papier matifiant et un chiffon à lunettes. Un entretien d’une heure sous lumière de face fait revenir la brillance sur le front, et vous n’aurez pas le temps de vous lever pour aller la chercher.
Encadré récapitulatif à imprimer
Cette liste se garde à côté du poste de visioconférence et se déroule à l’identique à chaque entretien de la période. Elle n’a pas besoin d’être réinventée à chaque convocation.
Ces vingt minutes ne rattrapent pas une préparation absente, elles empêchent une préparation solide de se perdre pour un contre jour ou un reflet de verre. Aucun de ces points ne parle de votre âge ni de votre allure : ils protègent seulement la lisibilité de ce que vous dites. Le droit, lui, encadre déjà ce qu’un recruteur peut vous demander sur votre âge et votre apparence.
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Jimenez Julien
Auteur et éditeur de ReprenelleIl a passé deux ans à observer des ateliers de retour à l’emploi, des cabinets d’outplacement et des séances de portrait professionnel, en France, pour comprendre pourquoi la photo de profil et le cadre de visioconférence restent absents des accompagnements de candidature. Il n’est ni coiffeur ni conseiller en recrutement : son travail consiste à mettre par écrit ce qu’une femme de quarante cinq à soixante ans doit régler avant un entretien, dans l’ordre et avec ce qu’elle possède déjà.
Le parcours de Jimenez Julien et la méthode de travail de Reprenelle
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